J’ai 32 ans et je commence une FIV.

J’ai toujours cru que je serais maman à 30 ans, que j’aurais deux enfants, d’abord une fille puis un garçon. J’annoncerais la merveilleuse nouvelle à mon amoureux. Je me suis toujours imaginée comment je ferais. J’imaginais son visage, son sourire, sa surprise, sa joie, ses larmes qui coulent parce qu’il se rend compte que je porte la vie en moi et que je lui fais le plus beaux des cadeaux.

Puis un jour tout s’écroule. Je n’ai pas mes règles depuis longtemps. Ayant souffert d’anorexie, mon corps ne semble pas encore avoir repris totalement ses droits. Je n’ovule pas. Alors on tente deux cycles de Clomyd qui se soldent tous deux par un échec. Je dis échec car je suis une perfectionniste terriblement exigeante avec moi-même. Quand j’entreprends quelque chose, je ne peux accepter que cela se fasse autrement. Alors je suis dans l’incompréhension, j’ai pourtant tout fait, j’ai suivi le cycle, j’ai fait l’amour quand il fallait, j’ai même surélevé mon bassin des minutes durant. Des heures passées à attendre dans une salle d’attente du service de PMA, des dizaines de prises de sang, d’échographie pour voir comment la magie d’un médicament pouvait réussir à redonner vie à mon corps si longtemps endormi.

Puis bam. On fait un spermogramme, mauvais, très mauvais “vous n’avez quasiment aucune chance de concevoir un enfant naturellement.“ Voilà voilà allez merci bisou. Là on se dit qu’il y  a erreur, surtout du côté de mon amoureux. Parce qu’un homme à qui on apprend son problème de fertilité a souvent tendance à confondre avec virilité. Ça y est, je ne suis pas un homme digne de ce nom, je suis stérile. On accuse le coup, je pleure beaucoup. Je pleure et fais le deuil de cette grossesse que j’aurais aimé pleine de tendresse et de surprise. Jamais je ne pourrai pleurer dans les bras de mon amoureux après avoir fait l’amour, jamais je pourrai faire pipi sur ce satané bâton, jamais je pourrai lui acheter un petit cadeau pour lui faire comprendre qu’il sera bientôt papa. Non, au lieu de ça, je sais que je vais me laisser entrainer dans un long voyage, semé de parcours, avec des hauts et des bas. Mon angoisse ultime ? Savoir combien de temps ça prendra.

J’entends souvent les gens me dire “oh moi ma copine machin ça a pris deux ans hin, mets toi bien cette idée dans le tête.“ Face à ce genre de commentaires, j’ai juste envie de crier. Laissez-moi croire que ça peut prendre tout de suite, ne me brisez pas en me faisant sous entendre que je serai maman à l’aube de mes 40 ans. Qui sont-ils pour me dire « mais ça va aller hin, faut s’accrocher ça prend du temps mais ça marchera.“

Oui ça marchera. Mais quand. J’écris ces mots le 18 janvier 2019, jour de ma première injection. Qui sait je me relirai peut-être dans un an, deux ans, voire plus. Et je serai peut-être encore occupée à me faire ces satanées injections en jurant tous les gros mots de la terre pour assouvir ma soif de haine et de vengeance.

Vengeance ? Ah mais parlons un peu de ces copines qui tombent enceinte en croisant le regard de leur mari ? De celles qui attendant un enfant alors qu’elles prétendent qu’elles ont un stérilet ? Non mais là c’est le bon dieu qui se fout de la charité.

18 janvier, première injection

Le gros problème avec la FIV, c’est que j’ai un trouille des aiguilles. Mais je ne parle pas d’une petite angoisse en mode je trouve ça désagréable. Non pour moi, une aiguille c’est la mort, la panique, la sueur, la douleur. J’angoisse à l’idée de devoir m’enfoncer ce petit bout de métal qui va déchirer délicatement ma chair pour y insérer un produit qui risque d’être douloureux. “Allez c’est juste une aiguille ça va aller“. Ah mais je t’en prie fais toi plaisir ! Et puis dans 5 jours n’oublie pas qu’on passe à deux injections, tous les soirs à 19h svp. Oh et n’oublie pas tes rendez-vous médicaux hin. Et ajoutes y du retard, beaucoup de retard, car non les médecins n’aiment pas être à l’heure. Ton utérus et son projet de concevoir un enfant attendront.

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0 commentaire

  1. C est exactement moi ton article (A quelques détails près) je vais commencer la fiv bientôt dans un ou 2 cycles le temps de finir les formalités. Le rêve qui se brise (et l homme aussi). Mais on y va parce qu on n a pas le choix. Courage

  2. Hello!

    Je découvre ton blog. J’ai commencé la pma à 25 ans. J en ai 30 aujourd’hui et ma 3eme FIV a marché…mais comme toi, Jai écris ce genre d article au début de mon blog.
    J espère que ton parcours sera court -le mien a été long car nous étions en inexpliqué du coup nous avons fait stim simple.. iac… fiv… iac… Puis re fiv… bref… chaque parcours est différent, nous avons pas tous les mêmes  » problèmes  » donc tu as bien raison de t en fichtre de ce que te dises les gens. De toute facon, ça s’arrête jamais…ils ont tjs des choses à (re)dire.

    Pour les piqûres, idem, j avais écris un article sur ma phobie : j en venais à taper mon mec quand il me faisait les injections et les infirmier(e)s lors de prise de sang. L hypnose m a aidé en une séance.

    Bon courage !!

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