Ce matin j’étais à la fois heureuse, angoissée, impatiente, tétanisée. Ce devait être le jour du transfert. Devait, car rien ne s’est passé comme prévu.

Installée les pieds dans l’étrier, j’informe le médecin que mon ventre est toujours aussi gonflé, et que j’ai mal. Elle réalise une échographie.

‘Ah oui en effet c’est très gonflé, on ne va pas pouvoir faire le transfert aujourd’hui.’

Première déception. Je m’attendais à concevoir un enfant aujourd’hui, je suis juste bonne à enfiler ma petite culotte, mettre mes savates et en vous remerciant.

Et puis il y a eu l’annonce du verdict final que j’attendais avec impatience: combien d’embryons à J6.

Là elle me répond, impassible, (presqu’avec le sourire la garce): ‘vous avez deux très bons embryons. Il y en a encore deux autres mais pas sûrs qu’ils tiennent le coup.’

Là elle voit clairement que je suis mal, j’ai encore les jambes écartées et elle me balance ça à la gueule. J’ai envie de crier. De pleurer. Elle ne semble pas vraiment attendrie.

Comment est-ce possible de faire 15 ovocytes et de récolter deux pauvres embryons. J’appelle ça de la mauvaise volonté. Et j’accuse tout le monde hein: Mère Nature, ses spermatozoïdes, mes ovules, les biologistes, le médecin. Tout le monde!

Alooooors on va avoir ses règles (je les vois déjà bien douloureuses après 15 ovocytes). Puis on va prendre un petit médicament. Puis encore un autre. Puis on va se revoir hein, et LÀ on fera le transfert, okidoki? (Elle m’a tellement énervée que je la vois bien dire ce genre de mots pourris okidoki).

Sur ce, je retourne me coucher. Car oui je dois me reposer. Pour que ce ventre dégonfle enfin. Que la douleur s’en aille. Que je récupère mon ventre plat, mes abdo et ma dignité. La bonne nouvelle? Je vais pouvoir boire un verre de vin avec lui, lui faire l’amour, et arrêter cet Utrogestan plus que dégoûtant.

 

À mes ovocytes je leur dis quoi? Bosser un peu mieux la prochaine fois les gars, vraiment.

FIVement le nôtre. Il aura tes yeux, ton sourire, ta gentillesse, ta tendresse. Je l’aime déjà. Même s’il n’existe pas. Quoique.

Pour continuer à aller de l’avant, je pense à ces deux petits embryons congelés à -190° qui nous attendent, bien sagement. Finalement la magie a déjà un peu opéré. Il existe déjà une cellule qui lie le meilleur de nous deux. Je pense à eux et je les aime déjà.

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