Je n’arrête pas de penser à toi, le sens-tu ? Je me lève je pense à toi, je vais dormir je pense à toi. Mes nuits et mes rêves te sont dédiés. Je te sens partout où je vais. Dans le rayon de soleil qui caresse les feuilles de l’automne, dans la lumière douce de fin de journée, dans le vent qui souffle, dans les yeux des enfants. J’aime te savoir à mes côtés, dans ce petit coffre que j’ai envie de décorer sans cesse. J’aime te savoir au chaud, blotti dans ta petite couverture, avec ton ciel rempli d’étoiles.

Je suis tellement triste et jalouse. La colère me ronge, la jalousie me consume. La cousine de ton papa est aussi enceinte. Les médecins avaient cru trouver quelque chose d’anormal. J’ai espéré en secret qu’il y a quelque chose, pour que je ne me sente pas seule face à l’injustice. Je m’en veux, mais c’est plus fort que moi. Il n’y a finalement rien, tout va bien. Pourquoi cet enfant est-il en pleine santé ? Pourquoi la vie ne m’a-t-elle pas donné un petit garçon vif et vivant ?

Quelle injustice. Mon tout petit tu me manques tellement. J’aimerais tellement te serrer contre moi, juste un instant. Toucher la finesse de ta peau, embrasser tes petites mains. J’ai tellement peur pour l’avenir, j’aimerais avoir la certitude qu’un petit frère ou une petite sœur viendra agrandir notre famille. Je voudrais partir loin d’ici, loin de tout, du bonheur des autres. Je ne peux pas l’accepter. Je ne veux pas y participer. Je veux que ça m’arrive, j’y ai droit après tout non ?

Quand le bonheur viendra-t-il frapper à ma porte ? Quand vais-je enfin avoir le sentiment que je peux vivre ? Quand vais-je enfin pouvoir vivre dans la légèreté et l’insouciance ? Quand vais-je enfin accepter ce qu’il s’est passé ?

Et si la vie ne me donnait pas ce joli cadeau ? Si elle continuait de s’acharner à me briser, petit à petit ? Peut-être ne suis-je pas faite pour vivre ici. Peut-être devrais-je te rejoindre, mon tout petit. Je pourrais alors t’emmitoufler dans mes bras, te serrer fort, t’admirer pour l’éternité. Mon cœur souffre tellement, j’ai la gorge serrée quand je pense à toi, les larmes envahissent mes yeux et réchauffent mes joues qui n’arrivent plus à sourire. Je suis tellement triste et en colère.

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