Regain

L’espoir d’un deuxième enfant est ce qui fait vivre. Dès l’instant où nous sommes retournés en PMA pour relancer un second, j’ai retrouvé un peu d’énergie. Un peu d’oxygène. Je me disais que la vie allait se montrer douce et clémente. Qu’après ce que nous avions traversé, nous allions pouvoir profiter de calme et de paix. C’est avec beaucoup de joie et d’enthousiasme que j’ai recommencé le traitement. Le temps est mon pire ennemi, les journées semblent durer une éternité, le calendrier est rythmé par les prochaines échéances. La première échographie pour connaître l’épaisseur de l’endomètre, les rendez-vous d’acupuncture pour le faire grossir, la deuxième écho, la prise d’Utrogestan durant 3 jours, le jour J. Le transfert. La magie, l’espoir. La prière. L’envie d’y croire, ne pas s’emballer. Espérer, s’arrêter. La prise de sang. Des heures d’attente, interminables. Le ventre noué, la gorge serrée, le téléphone qui sonne. Le numéro s’affiche, la voix au bout du fil semble enjouée. Les mots résonnent et ne m’arrivent plus, je suis déjà ailleurs, dans mon imaginaire, sur mon nuage, dans mon bonheur. Positif. Trois jours après : positif. L’emballement, la joie, on fête ça au restaurant. Rien ne nous arrivera, on sera bientôt trois, en tout cas j’y crois. Plus que quelques jours avant l’écho pour entendre les battements de son cœur, cette musique douce, vive, intense, si rapide et exaltante. Combien de dodos encore ?

2 janvier Fausse couche

Hier en allant me coucher j’ai senti comme une chaleur assez étrange se diffuser du côté gauche. Arrête de stresser, tout va bien aller. Il s’accroche ce moustique, je le sens, j’ai des nausées. Je me réveille heureuse et insouciante. Et puis des douleurs de règles, intenses. J’ai peur. Je me rends aux toilettes et je perçois un film de sang assez léger. Pas de panique, j’ai déjà vécu ça avec Eliott, le bébé s’accroche et creuse son petit nid. Je retourne aux toilettes quelques instants après, le filet rose s’est transformé en épais trait noir. Je sors à la hâte des toilettes, on file aux urgences. 20 minutes de route, une éternité. Je broie du noir je commence à pleurer, il me dit d’arrêter que tout va bien. Je cours au troisième étage de l’hôpital. On me fait patienter. Au moins 10 minutes. Une éternité, je sens que je suis en train de le perdre, je suis seule dans cette salle d’attente, je suis en panique.

On m’installe sur la chaise d’échographie, je me vide de mon sang. “À ce stade-ci je devrais voir une petite poche, mais je ne vois rien.“ Je le sais, il est parti, à l’instant, entre mes jambes, sur cette table. Le monde s’écroule. Il vacille et est prêt à tomber. Il s’allonge sur le sol. Je perds tout. On m’emmène dans une chambre, je décide d’aller aux toilettes pour que le sang continue de couler. Je suis seule dans cette salle de bains et je le sens passer. Je sens le tissu de ma chair passer. Je le vois, du sang noir et épais. Mon rêve se brise et disparaît dans une cuvette de l’hôpital de Braine. Je hurle de chagrin. Je ne peux pas le croire. C’est si glauque, si lugubre, de sentir ce petit embryon partir de moi et me quitter à tout jamais.

On rentre à la maison et voilà, tout est terminé. Cet événement est un non-événement. J’étais enceinte, je ne le suis plus. L’espoir a fait place au désarroi. Le sourire a disparu, les larmes reviennent habiter mes joues. Je ne suis que chagrin.

 

 

 

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