Mon tout petit.

Mon petit être qui grandit en moi.

Je voudrais te dire combien je t’aime déjà, combien j’aime te sentir bouger et t’imaginer heureux dans ta piscine à 37 degré.

Je voudrais te dire combien je suis désolée de parfois m’emporter et de me perdre dans ma colère.

Cette colère, je ne sais pas d’où elle vient, j’espère qu’elle ne t’atteint pas, qu’elle te laisse tranquille et apaisé.

J’ai peur de voir mon corps changer, de perdre ma féminité, de perdre le peu que j’ai aimé dans mon identité. Cette perte de poids acharnée sur laquelle j’ai travaillée durant des années m’a permis d’enfin aimer l’image que je voyais dans le miroir. Comme si je n’étais qu’un corps qu’on pouvait aimer.

Alors comment s’aimer une fois que ce sera du passé, que j’aurai changé pour pouvoir t’accueillir et te nourrir.

Je dois apprendre à m’aimer pour autre chose, pour ce que je suis à l’intérieur de moi.

J’espère que tu ne m’en veux pas d’être si dure avec ton papa car crois moi je le suis déjà. Je m’en veux à chaque remarque, chaque soupir, chaque regard, chaque insulte, chaque cri, chaque pleur. Je voudrais trouver la paix. Te rejoindre un court instant là où tu es et me baigner avec toi.

Respirer profondément et être épanouie comme jamais. C’est ce dont je rêve le plus à cet instant. T’offrir la meilleure des maisons, la plus douce, la plus tranquille, la plus réconfortante, la plus saine, la plus sécurisante qui soit.

Mon tout petit, je t’aime tant.

J’aime ton papa. Mais je n’arrive plus à le lui montrer. Je suis emprisonnée dans ma colère et j’en deviens aveuglée. Aveuglée de la beauté de ce qui se passe à la maison, de la beauté de son amour pour moi, de la beauté de ce qui se passe en moi.

Je l’aime mais c’est comme si je n’arrivais pas à l’ouvrir à moi. Je suis fermée, électrique, intransigeante, exigeante, colérique, lasse, impatiente. Il ne le mérite pas, ton papa.

Il me reste la moitié de ton temps en moi pour changer tout ça. Crois-moi, je vais le faire, pour nous trois. Parce que je veux ce qu’il y a de meilleur pour toi.

Que cette colère parte de moi, je n’en veux pas.

Je ne veux que toi, que papa, que nous trois.

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