Alors que pour le commun des mortels la période de confinement peut sembler longue, elle est devenue une éternité pour les couples qui dépendent de la médecine pour procréer.

PMA. 3 lettres qui en disent long pour celles et ceux qui le vivent au quotidien. Depuis le début de la mise en œuvre du confinement, les services de Procréation Médicalement Assistée ont fermé leurs portes à travers le pays. Laissant derrière eux dans milliers de couples dans l’attente, insupportable, de pouvoir enfin faire un enfant. 

Depuis le début du confinement, les couples infertiles sont les grands oubliés de cette crise sanitaire.

Suite à la décision du gouvernement d’annuler tous les rendez-vous et les opérations dits “non urgents“, les services de PMA ont fermé boutique. Un petit coup de fil passé en vitesse pour avertir que « tout est stoppé jusqu’à nouvel ordre. » Face à ce sentiment d’abandon, le couple ne peut qu’attendre, une fois de plus, sans savoir de quoi demain sera fait, entraînant des conséquences lourdes dans leurs foyers: angoisse, stress et colère rythment désormais leurs journées.

Plus de stimulation ovarienne, plus d’injections, plus d’échographies, plus de traitements médicamenteux. Plus d’espoir. Plus de projets à court et moyen termes. Plus de transfert. Plus d’attente pour connaître l’aboutissement d’un rêve. 

La PMA ça attendra, faire un bébé n’est clairement pas une nécessité. Pour eux non. Mais pour ces couples oui.

Le pire dans tout ça? C’est de lire dans les journaux que nous connaîtrons certainement un pic de naissances dans neuf mois. Car quel moment plus propice au rapprochement et à l’envie naissante de faire un enfant que celui du confinement? Oui, dans neuf mois il y aura des tas de bébés. Dans trois mois, j’irai peut-être boire un verre avec une amie qui m’annoncer la merveilleuse nouvelle. Arriverai-je seulement à prononcer le mot douloureux « Félicitations »?

La solution pour mieux vivre se confinement? L’entourage semble l’avoir trouvée! Il s’affaire à rassurer les malheureux amoureux qui oseraient se plaindre de cette injustice, expliquant à ces potentiels futurs parents trop impatients que “cette pause est l’occasion rêvée de prendre du temps pour vous et de ne plus penser à tout ça“.

Mais tout ça, ce n’est pas juste un petit caprice. Une lubie. Une envie soudaine et spontanée qu’on pourrait réfréner par la force de la pensée et de petites séances de méditation.

Tout ça, c’est une envie viscérale, profonde, douloureuse. C’est leur vie en suspens qui désormais en dépend.

Alors quand on me parle de confinement, je ne pense pas à mes amis que je ne vois plus, à ces verres que je ne bois plus ni à ces dîners que je ne dévore plus.

Je pense juste à ce petit embryon que je me languis tant de rencontrer. Enfin.

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