On me demande parfois ce qui est le plus difficile quand on a des difficultés à avoir un enfant. Outre le temps qui semble durer une éternité et les traitements qu’on impose à son corps, c’est la violence d’être confrontée aux annonces de grossesse, aux ventres ronds et aux bébés qui est le plus dur.

Car dans cette violence naît la jalousie. L’envie qu’on tait ou qu’on prononce à demi-mots, par peur d’être jugée ou incomprise.

La jalousie de la vie qui grandit dans les autres foyers mais pas dans le sien. La jalousie de leur insouciance, presqu’indécente.  

La jalousie de la joie et de l’attention que déclenche ce vendre rond. La jalousie d’un bonheur arraché ou jamais atteint.

Mais ce n’est pas la jalousie qui est le pire de tout. Le pire, c’est de s’en vouloir d’être jalouse, de culpabiliser alors qu’on doit déjà survivre à son chagrin et aux épreuves terribles d’un parcours PMA qui engendre bien des désillusions.

J’ai pu discuter avec beaucoup de femmes en parcours PMA, des femmes touchées par le deuil périnatal et les fausses couches. Parmi elles, il y a en a, c’est vrai, qui n’ont aucun mal avec les grossesses des autres. Mais elles sont peu nombreuses, croyez-moi.

Quand je suis confrontée à une annonce, je ne peux pas me réjouir. C’est impossible. N’allez pas y voir un caprice ou une petite colère d’enfant pourri gâté. C’est juste une claque, une gifle, un rappel violent d’un désir d’enfant inassouvi.

Permettez-moi juste de dire que cette jalousie, moi non plus je n’en veux pas, elle s’impose à moi. Mais ne pas les désirer n’est-ce pas déjà faire preuve de bonne volonté? Être consciente de ses failles n’est-il pas le signe de vouloir être quelqu’un de bien?

Alors je voudrais simplement dire à ces femmes qui culpabilisent et à celles et ceux qui ne comprennent pas leur réaction que jalouser la grossesse d’autrui ne fait pas de nous des monstres d’égoïsme.

Cette jalousie doit pouvoir être entendue, reconnue. Je ne demande pas qu’elle soit comprise, car il faut la vivre pour la comprendre. Mais elle est bien là. Alors, un petit message à celles et ceux qui ne vivent pas les “joies“ de la PMA. Ne nous jugez pas, on souffre déjà assez comme ça.

Vous pouvez également aimer :

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *